La biographie d'Abel Bertram

Abel BERTRAM (de son nom complet Abel Léon Louis BERTRAM) est né à SAINT-OMER le 09 septembre 1871, dans un milieu bourgeois.  

Fils d’un entrepreneur de transports, Louis BERTRAM, son enfance avec ses deux sœurs et sa mère Léonie se passe paisiblement dans les anciens quartiers du XVIIème siècle de cette ville de Saint-Omer, demeurée sa ville de cœur tout au long de sa vie.

Sa sensibilité artistique se développe certainement au contact de la nature, à Clairmarais, aux alentours de SAINT-OMER. La vision des marais, la lumière, les canaux, le vent, les oiseaux : tout est réuni pour préciser sa vocation.

Celle-ci n’est pas particulièrement souhaitée par ses parents mais ils ne s’opposent pas à ce chemin.

Il commence des études à l’Ecole des Beaux-Arts de SAINT-OMER, sous la direction d’Auguste POLLET, et Abel BERTRAM écrira ces quelques mots sur son professeur :

« J’ai reçu de lui, étant élève à l’école des Beaux-arts de Saint-Omer, d’excellents conseils parce qu’il voyait d’une manière large et qu’il était l’ennemi du détail car, à mon avis, le détail est à l’antipode de l’Art. Les impressionnistes ont été, pour l’Art moderne, d’un salutaire enseignement ».

De 1888 à 1891, il se dirige vers l’Ecole des Beaux-Arts de LILLE, sans opposition de ses parents. 

Sous la direction de Pharaon de Winter, il se soumet à une austère discipline et développe ses qualités de dessinateur. Il remporte en 1889 un 3ème prix de peinture (nature morte).

En 1890, c’est le départ pour PARIS et, en Octobre 1891, il se présente avec réussite au concours d’entrée de l’Ecole des Beaux- Arts de PARIS. 

Il entre dans l’atelier de Bonnat, artiste célèbre et à la mode à cette époque. IL s’y fait agréer sur les conseils de Pharaon de Winter. Il veut surtout acquérir un métier solide sous la direction d’un maitre autoritaire. 

Ayant la confiance de Bonnat, celui-ci le nomme massier de son atelier. Il représente donc ses condisciples et gère la somme d’argent mise en commun pour les dépenses nécessaires à la vie du groupe et à l’apprentissage de chacun. 

Il y travaille en compagnie de FRIETZ et de DUFY.

En 1892, il expose à Saint-Omer le portrait de sa mère et, peu de temps après, le portrait de deux enfants.

En 1896, au concours annuel d’atelier, il remporte un 2ème prix et une première médaille de figure peinte.

En 1897 : une première mention.

En 1898, nouveau succès au concours de l’Ecole avec un 3ème prix et une première médaille d’esquisse peinte.

BONNAT, comme tous les professeurs de l’Ecole des Beaux-Arts de PARIS, est obsédé par les épreuves du Prix de ROME.

BERTRAM fut admis trois fois au premier essai du concours : obtenant la première place lors de son premier essai, puis la 6ème place à sa seconde présentation et la 10ème lors du troisième essai ; étant précisé qu’il n’y a que 20 admis sur 250 candidats.

En 1898, BERTRAM veut en finir avec une formation empreinte de classicisme. Il manifeste alors son indépendance en arrêtant brusquement ses études et en quittant PARIS.

Il se réfugie à Saint-Omer et son 1er envoi au Salon des Artistes Français date de 1899. Il y expose « Le Soir » qui est d’une facture classique.

Début 1900, il s’installe à MORLAIX, dans le Ponthieu, puis à Noyelles-sur-Mer.

Les envois au Salon des Artistes Français sont nombreux.

En 1900, l’artiste expose un portrait en pied.

En 1901, deux nouvelles œuvres figurent au salon : Les Maraichères Flamandes et En Flandre (médaille d’honneur). Ce dernier fut acheté par l’Etat pour le Musée d’ARRAS.

A cette même époque, il rencontre le paysagiste Antoine Guillemet qui, grâce à ses précieux conseils, permis à Abel BERTRAM d’évoluer et d’avoir une plus grande maîtrise dans son travail sur le motif.

En 1902, célébration de son mariage, le 18 août, avec Elise SOUTRENON.

Il obtint la médaille d’or à l’exposition des Beaux-Arts de LILLE avec Soir en Flandre

La même année, figurent au salon : Récolte de Choux-fleurs et Laveuse de Carottes. Ce dernier tableau sera exposé ensuite à l’exposition de Saint-Louis aux USA.

En 1903, il expose deux œuvres : Hameau en Bretagne et un portrait. 

Deux autres tableaux ont figuré cette année-là à l’Exposition de la Peinture Française au Palais de l’Empereur en Russie.

En 1904, au Salon : Une Cour de Ferme et Un Chantier lui font attribuer une médaille et le titre de Hors Concours. Vient ensuite Le Chaland au Ponton de BELLE-VUE et La Baie de Somme. Ce dernier tableau a été acheté par la Ville de Paris pour la collection du Petit Palais des Champs-Elysées. 

En 1906, il est Sociétaire du Salon de la Société des Beaux-Arts. Il y expose deux tableaux : Le Batelier acheté par l’Etat et exposé à l’Institut Carnegie, à PITTSBURG, et Chaumière d’Artois qui se trouve dans le salon du Président du Sénat à cette époque.

Année importante que 1908 avec la naissance de son premier fils Guy, au 11 rue Seveste à Paris.

En 1908, Il exposera deux œuvres ‘’ Bonjour ‘’ (hors concours) et ‘’Le Berger’’.

En 1909, deux autres œuvres : ‘’Un Nouvel Ami ‘’ (hors concours) et ‘’Fillette au Soleil’’.

La même année, il recevra une commande importante de l’Etat : un panneau décoratif, en réalité un triptyque pour la Préfecture de Châteauroux.

Au salon de 1910, cette dernière œuvre lui vaut les honneurs de la critique de toute la presse parisienne et provinciale et le classe définitivement parmi les peintres les plus délicats de la figure en plein air.

En 1911, il expose à la Galerie Georges PETIT. L’Etat achète ‘’Le Batelier ‘’ pour le Musée du Luxembourg et ‘’Les Capucines’’ pour le Musée de Cannes.

En 1912, Abel quitte les Artistes Français et il expose au Salon de la Société Nationale des Beaux- Arts.

L’année 1917 est marquée par la naissance de Pierre, son second et dernier enfant. 

En 1922, la galerie ARTES à PARIS organise une exposition importante puis c’est au tour de la galerie ROSATI PICARDS à AMIENS, du 09 AU 20 Mai 1923, où il présente 81 œuvres.

En 1924, la galerie MONSALLUT à LILLE célèbre son talent du 6 au 30 juin avec 59 œuvres de l’artiste.

Vers 1926, il s’installe définitivement à PARIS, au 23 boulevard GOUVION, dans son ‘’Ermitage’’ au fond d’une cour silencieuse. Pour l’anecdote, BERTRAM déménage à minima 17 fois dans sa vie.

Vraisemblablement, ce déménagement correspond à un changement de vie, avec la séparation de fait de son épouse, le départ de son domicile pour se mettre en ménage avec son modèle habituel, Reine PROST, qui demeurera sa compagne jusqu’à la fin de ses jours.

Il expose la même année à la galerie MORIN BENEZIT du 16 au 31 Mars.

Nous avons connaissance d’une autre exposition à la galerie DROUET en 1933, puis à la galerie CHARPENTIER, rue du Faubourg St Honoré, en 1935.

Cette même année, à l’automne, il participe à une exposition itinérante en train avec d’autres artistes (Othon FRIEZ, Marcel GROMAIRE, Henri MATISSE, Robert PINCHON…). L’exposition parcourt la France durant un mois et demi. Partie le 17 Septembre, elle passe par CHARTRES, LAVAL, CHERBOURG, LILLE… et se termine le 31 Octobre à SOISSONS. Le principe est simple : les œuvres sont exposées dans les wagons et les visiteurs ont la possibilité d’acheter directement. Le succès fut immédiat.

Il fréquente régulièrement le petit village du FAOUET, en Bretagne, entre 1936 et 1939, avec sa compagne Reine.

Exposition à la galerie DANJOU en 1943 puis à la galerie BOURDON du 25 avril au 17 mai 1947.

La galerie LE CHAPELIN organise en 1949 une première exposition qui sera suivi d’une deuxième en 1950 (aquarelles).

Célébration de son second mariage, le 18 Décembre 1950 à PARIS (XVIIème arrondissement) avec sa compagne depuis de nombreuses années Reine PROST.

A la fin de sa vie, il va fréquemment vers les « hortillonnages » de Clairmarais (parcelles cultivées entourées d’eau aux alentours de Saint-Omer) et le vieux port de GRAVELINES.

Exposition à la galerie DROUANT DAVID du 3 au 18 mars 1953.

Il décède à son domicile parisien le 3 AOUT 1954, dans sa 83 année.

Une exposition posthume aura lieu à la galerie Huguette BERES du 26 novembre au 18 Décembre 1954.

Deux rétrospectives importantes rendirent hommage par la suite au talent d’ABEL BERTRAM.

La première du 23 janvier au 8 février 1959 chez la célèbre galerie DURAND- RUEL avec 66 œuvres.

La deuxième fut organisée par le Musée de SAINT OMER du 10 juillet au 4 septembre 1960 avec 44 œuvres représentées.

De nombreux musées en France disposent d’œuvres de BERTRAM dans leur collection, dont ceux d’Arras, d’Amiens, d’Abbeville, de Saint-Omer (Musée Sandelin), de Lille, du Havre, de Cambrai, de Mulhouse, ainsi que des Musées du Luxembourg et d’art moderne à Paris, du Musée d’histoire et d’art de Bormes-les-Mimosas, Musée de Saint-Etienne …

François TISMA